La science politique peut-elle être une science expérimentale ?


Informations

Auteur(s)
 :  Michel Miaille Professeur émérite de droit et de sciences politiques, université de Montpellier 1, co-président du comité scientifique de l’Agora des savoirs
Jean-Yves Dormagen Professeur et Directeur du département de science politique de l’Université Montpellier 1
Thème  :  Conférences 2012-2013
Agora des Savoirs  :  Saison 4 : Usages des savoirs et des sciences RSS
Lieu  :  Centre Rabelais, Montpellier
Date  :  16 janvier 2013
Discipline  :  Science politique
Langue  :  Français  
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Licence  :  Licence Creative Commons

En résumé

Les sciences sociales, parmi lesquelles bien sûr la science politique, peuvent se développer sur le même modèle que les sciences expérimentales, par exemple la médecine, lorsqu’elle teste un nouveau traitement ou un nouveau médicament. Il ne s’agit plus alors pour les chercheurs de seulement analyser le réel, mais il leur revient d’intervenir sur la réalité avec la volonté délibérée de la transformer. Cette intervention est motivée par deux objectifs principaux : 1) tester des hypothèses et des modèles théoriques que les effets de cette intervention doivent permettre de valider ou d’invalider, 2) trouver des solutions efficaces pour résoudre des problèmes sociaux, économiques ou politiques et ainsi participer à la mise en œuvre d’un réformisme éclairé. Pour illustrer cette possible dimension expérimentale des sciences sociales, nous présenterons les premiers résultats d’une expérimentation, réalisée à l’occasion de la dernière présidentielle, visant à inscrire sur les listes électorales des non inscrits et des mal-inscrits. Cette intervention conduite sur une population de 80 000 personnes devait permettre de prouver que la phase de l’inscription ou de la réinscription - une spécificité française et américaine - constitue le principal obstacle à la participation électorale, car près de 90 % des citoyens sont disposés à voter dans le cadre d’un scrutin de haute intensité telle que la dernière présidentielle. Cette expérimentation en milieu réel devait ainsi permettre de mieux comprendre les modalités de production des mobilisations électorales et offrir des solutions, testées scientifiquement, pour accroître significativement l’ampleur de ces mobilisations.

Jean-Yves Dormagen est l’auteur de La démocratie de l’abstention (avec Céline Braconnier ; Gallimard), de Logiques du fascisme : l’État totalitaire en Italie (Fayard) et de Introduction à la sociologie politique (De Boeck).


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